Principes d'animation

Pour faire un film d'animation, certains principes de base peuvent vous aider à faire un film plus efficace.


Anticipation :

L'anticipation traite de la manière de préparer le spectateur à l'action qui va arriver. Entre un personnage qui se tient debout, et le même personnage qui court, une action intermédiaire qui vient assouplir la transition entre les deux états du personnage. Une prise d'élan, un mouvement en arrière qui annonce ce qui va arriver juste après. C'est "l'action avant l'action".L'anticipation est présente dans presque toute les actions et dans toutes les actions majeures.

Arcs :

La plupart des mouvements suivent une trajectoire en arc de cercle : que ce soit le mouvement des mains ou des pieds pendant le cycle de marche d'un personnage, ou la tête (qui monte et descend en fonction de la position haute ou basse du personnage dans son cycle de marche), les bras suivent un chemin comparable à celui du balancier d'une pendule, toujours dans un arc de cercle. Rappelez vous de toujours faire des mouvements qui suivent des courbes, pas des lignes droites, excepté dans des cas très spécifiques comme des mouvements mécaniques, robotiques, etc.

Exagération :

Ce sont des mouvements caricaturaux. Les mouvements des objets ou des personnages, les traits de leur visage, exagérez les ! De cette manière, vous rendrez leurs émotions plus identifiables et amènerez plus de réalisme et d'intérêt. Il peut sembler paradoxal d'avoir à exagérer pour rendre les choses plus réalistes, cependant, en animation, c'est un des secrets pour insuffler plus de vie dans vos projets. Il ne faut cependant pas en abuser de peur de rendre les choses trop théâtrales (à moins que ça ne soit l'effet désiré).

Partie par partie :

On décide d'abord des créer les images les plus importantes : les images-clés. Sur les tournages professionels, l'animateur principal créé les images-clés, son assistant s'occupera des images intermédiaires entre les images-clés en fonction de l'intervalle entre les images défini par l'animateur. Cette méthode permet plus de contrôle sur le volume et les proportions ainsi qu'une meilleure décomposition du mouvement. Avec cette méthode, l'animateur peut travailler plus rapidement.

Actions secondaires :

Ce sont les actions qui amplifieront l'intention principale. Par exemple, dans le cycle de marche d'un personnage en colère, le corps va se pencher en avant, la tête la première, avec des mouvement énergiques et déterminés. Vous pouvez amplifier ce mouvement en ajoutant des gestes énergiques à ses bras, et si le personnage parle ou crie en même temps, vous pouvez aussi intensifier les mouvements de sa tête en fonction de ce qu'il dit. Faites le agir soudainement, frapper un mur. Tous ces petits détails qui vous sortent d'un cycle basique vers une attitude réelle, et votre personnage prendra vie.

Ralentissement en début et en fin de mouvement ( Amorti ) :

Cette méthode implique de ralentir en se rapprochant de la position finale. Quand vous démarrez une voiture, vous ne roulez pas instantanément à 50 KM/h, il y a une phase d'accélération, et de la même manière, un ralentissement avant que le véhicule s'arrête. c'est la même chose pour la plupart des objets ou des gens autour de nous. Chaque action commence avec une accélération (plus ou moins prononcée) et finit en ralentissant. Et si vous voulez donner à votre animation plus de profondeur et de réalisme, c'est quelque chose que vous devriez prendre en compte pour rendre votre film encore plus attractif. Concrètement, cela signifie que vous aurez besoin de plus d'images au début et à la fin du mouvement (plus d'images = action ralentie) et moins d'images au milieu de l'action, ou pour les actions rapides.

Compression et étirement :

La compression et l'étirement dérivent des principes de la physique : un objet s'allonge selon l'axe de son accélération et se contracte quand il rencontre une résistance. L'exemple le plus souvent utilisé pour illustrer ce principe est celui d'une balle en caoutchouc : le balle s'écrase quand elle frappe le sol, et s'allonge à nouveau quand elle rebondit mais le volume de la balle reste constant. De manière similaire, pour accentuer l'impression de poids d'un personnage en train de marcher, il peut être judicieux de procéder de la même manière en déformant certains volumes de son corps. Vous pouvez accentuer ces déformations pour donner un effet plus "cartoon", tout en conservant le principe du volume constant.

Mise en scène :

Le but est de se focaliser sur les bases, en utilisant tous les aspects de la réalisation de films. L'utilisation des bruitages, de la musique, des gros plans, -----, etc..., les lumières, les costumes et les décors, la vitesse d'une séquence, tout doit être judicieusement utilisé pour amener un maximum d'éléments au spectateur. Nous ne devons pas noyer le spectateur dans un déluge d'informations, mais utiliser ce qui est nécessaire pour créer un contexte et faire naître une atmosphère ou une émotion. Ne vous concentrez pas trop sur ce qui est secondaire, mais faites tout pour concentrer le spectateur sur l'essentiel.

Toute l'action d'un coup :

C'est simplement de créer une image après l'autre, comme un enfant qui dessine dans les coins de son cahier, et les numéros sont placés à la fin. Il est plus difficile avec cette méthode de conserver les volumes et les proportions des objets ou des personnages animés, mais elle peut être plus efficace dans les scènes d'action car elle permet plus de fluidité et de mouvements spontanés.

Cohérence :

Rien ne nous oblige à utiliser le temps réel. Nous pourrions faire bouger notre personnage extrêmement vite pour créer des mouvements frénétiques d'une manière humoristique, par exemple, ou bouger très lentement pour donner une sensation de beauté et de dignité. Plus vous créerez d'images intermédiaires entre deux poses, plus l'action sera lente et fluide. Moins d'images intermédiaires entre deux poses entraînera une action plus rapide et dynamique. C'est la base de la cohérence, mais vous pouvez aller plus loin en variant la vitesse de l'action dans une scène. De manière identique, quand deux personnages interagissent, pour rendre proprement les émotions du dialogue, vous devez aussi contrôler la cohérence... Passer de la joie à la colère au bon moment en réaction à une réplique, tout cela est calculé par le nombre d'images... Analysez des films, décomposez les émotions des acteurs pour comprendre la cohérence.